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Contexte : Objets et techniques d'Océanie

Armes

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Dans le Pacifique, on distingue les régions où la technique de la métallurgie était connue dès le 16e siècle (Insulinde et nord de la Nouvelle-Guinée occidentale, presqu'île de la tête d'oiseau, Waigeo, île de Biak et Dore), à la différence du reste de l'aire océanienne (Mélanésie, Micronésie, Polynésie) où elle ne s'est diffusée que dans la seconde moitié du 19e siècle. Dans cette région, les armes étaient constituées de matériaux durs. La pierre, l'obsidienne en particulier, entrait dans la fabrication de pointes de flèches, sagaies, haches et couteaux ; le basalte et l'os de cachalot a servi à fabriquer des massues de petite taille (appelées patu et mere en Nouvelle-Zélande) ; le bois et le bambou durcis au feu sont utilisés pour des pointes de sagaies et de flèches, les os des animaux et des oiseaux (casoar), les coquillages fournissent d'autres matériaux entrant dans la composition des armes. On peut les diviser en deux grandes catégories, les armes fonctionnelles et les armes de parade, souvent richement décorées.

Les armes offensives et défensives présentaient une grande diversité, mais on retrouve des catégories communes à l'ensemble de l'aire ; les arcs et les flèches dont les pointes pouvaient être lithiques ou en os, en bambou ou en bois avec des barbelures, symétriques ou asymétriques, parfois sculptées, rendant leur extraction plus difficile (Indonésie, Mélanésie). En Polynésie, l'arc existait comme un jeu ou un sport, il était utilisé à la chasse mais pas comme arme de guerre, sauf à l'île de Pâques et en Nouvelle-Zélande. Les seules régions où il n'est pas attesté sont l'Australie et la Tasmanie. À Bornéo, l'arc des chasseurs collecteurs nomades a probablement été supplanté par la sarbacane. Ailleurs, les sagaies sont parfois lancées à l'aide d'un propulseur - une tablette en bois allongeant le bras de celui qui lance la sagaie - notamment en Nouvelle-Guinée et en Australie. Cet instrument améliore la précision du tir.

Les massues, courtes et longues et les casse-têtes. En bois lourds (casuarina, chêne...) - comme le casse-tête u'u des Marquises -, utilisées en combat rapproché, ce sont des armes meurtrières (Samoa, Fiji, Tonga). Certains casse-tête de petite taille sont des armes de jet.

Les pierres sont partout utilisées comme des projectiles redoutables ; les pierres de fronde de forme ovoïdes ou arrondies, permettent de harceler l'adversaire à distance avant l'attaque. Des pierres plus lourdes sont aussi jetées sur les ennemis provoquant des blessures graves.

Enfin, les armes de combat au corps à corps comptent les poignards en os, en bambou effilé, les sabres et épées de bois équipés de dents de requins, des morceaux pointus de carapace de crabes (Kiribati), des coups de poings américains en bois équipées de dents de requins, pour éventrer l'adversaire. Dans l'ensemble de l'aire Asie-Pacifique, les armes de combat rapproché et de meurtre, poignards, dagues et sabres, sont valorisées. En Insulinde, ce sont les poignards kriss à lames damasquinées par la technique du pamor (produit du corroyage de deux fers de teneur différente en carbone), et les pointes de lances à barbelures ou à lame large. Le mandau de Bornéo, sabre des chasseurs de têtes, en acier de la plus haute qualité, avec une lame au tranchant effilé est redoutable ; dans la même île, la sarbacane dotée de fléchette en bois à la pointe parfois métallique, empoisonnées avec une décoction à base du suc de l'upas (Antaris toxicaria), provoquait une mort rapide (utilisée dans les d'embuscade en forêt). L'Australie se distingue par l'usage du boomerang à coté de sagaies et des casse-tête de jet de forme oblongue.

Dans certaines régions, l'équipement du guerrier comprenait aussi de petits boucliers monoxyles, de forme rectangulaire, conçus pour faire rebondir les boomerangs. Presque partout en Océanie les boucliers, présentant des formes variées, rectangulaire, ovales ou ovoïdes, sont un élément indispensable au combat rapproché ou à la protection contre les projectiles, ils sont équipés d'une garde pour protéger la main. En outre, le bouclier fournit une surface propice à l'ornementation décorative.

Les armes de parade à fonction cérémonielle comprennent des massue-batons de commandement, insigne du pouvoir des chefs (Polynésie), des emblèmes à dents de requins d'Hawai'i, des herminettes à lame de basalte (Mangaia, îles Cook) ou de jade, ou des haches-ostensoirs (Kanaky).

Souvent, ces armes d'une grande beauté plastique sont ornées d'un travail de passementerie, d'un décor sculpté ou encore d'incrustations de nacre et de coquilles. Certains kriss, à poignée sculptée et à fourreau travaillé, constituent aussi des biens de prestige. En Mélanésie, les massue-batons de danse et les lances rituelles sont des objets précieux (Salomon, Santa-Cruz, Amirauté, Nouvelle-Irlande, Nouvelle Bretagne et Micronésie). Fabriquées en matériaux rares, peints et décorés, ils étaient la propriété de clans et de lignages, de maisons, plutôt que d'individus.


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