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Contexte : Société Océanienne

Bétel et kava

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Partout en Asie du Sud-Est, en Indonésie, en Mélanésie et en Micronésie occidentales, le bétel est un stimulant léger qui était au centre de la vie sociale avant l'introduction du tabac par les européens (16e - 17e siècles). La mastication d'une chique de bétel constitue un geste d'hospitalité à l'égard les visiteurs d'une maison, une condition préliminaire à l'établissement d'une relation cordiale d'échange ou à une négociation (commerce, mariages...).

Cette plante grimpante se trouve d'habitude à côté des maisons plutôt que dans des jardins. La "chique de bétel" se compose d'une feuille d'un poivrier, le piper bétel, roulée et sur laquelle on a étalé une couche de chaux, entourant une noix d'arec (provenant du palmier Areca catechu), sèche et dure ou encore tendre. La mastication de la chique provoque une salive abondante, de couleur rouge, qui, à la longue, noircit les dents des utilisateurs ; elle donne une résistance à la faim et une sensation de bien-être. Parfois, du tabac introduit dans la chique renforce son effet.

L'usage du bétel s'accompagne d'ustensiles particuliers, "le nécessaire à bétel" en vannerie, bois ou  métal, où sont disposés les différents ingrédients de la chique dans des boîtes. En Indonésie, des ciseaux d'une forme particulière servent à couper les noix d'arec, à l'écorce très dures. Lors de fêtes et cérémonies des chiques sont préparées sur des plateaux pour les invités. Les chiques de bétel ou les cigarettes constituent des offrandes aux esprits dans les rites de chamanisme ou de possession et aux ancêtres et aux dieux.

En Nouvelle-Guinée, les gourdes à chaux décorées et les spatules en bois dur ornées de motifs gravés sont des objets d'une grande qualité esthétique (Sepik, golfe de Papouasie). En Mélanésie, à côté de ses fonctions purement sociales, la pratique du bétel associe la magie d'amour et des sorts. Seul l'archipel de Santa-Cruz montre à la fois la consommation du bétel et du kava.

Cette boisson est connue aussi au Vanuatu, aux Carolines centrales, à Kosrae, Pohpei (sous le nom de sakau) et en Polynésie de l'ouest et de l'est, sous les termes de 'ava ou kava. Elle est obtenue à partir de racines en forme de tubercules d'un arbrisseau de la famille du poivrier (Piper mesthyticum) planté dans des jardins. Les racines sont lavées, broyées, pressées, de manière à en faire une pâte, puis celle-ci est pétrie, délayée dans de l'eau afin d'élimer les parties fibreuses, jusqu'à ce que le liquide soit clair. Le kava est bu dans une coupe, une demi noix de coco avec laquelle on a puisé dans un grand plat. A la différence du bétel pratiqué par tous, la consommation du kava est réservée aux hommes. Pour le kava ordinaire, les participants mâchaient eux-mêmes les racines dans une maison soumise au tapu. Le kava au goût âcre, produit une sorte de torpeur, une ivresse silencieuse qui laisse les buveurs - d'habitude allongés sur des nattes après la consommation - dans un état contemplatif, sans parler, mais très sensibles au bruit ou à la conversation. L'effet du kava se prolonge de quatre à huit heures selon la quantité utilisée.

La noix de coco formant la coupe à kava est décorée de dessins gravées (ipu en marrquisien), c'est un objet sacré. Le kava est une offrande pour les dieux et un cadeau aux invités de haut rang, il est au centre de cérémonies élaborées où s'affirme la hiérarchie sociale. On décrit un "cercle du kava" où les places et l'ordre de la consommation des participants sont réglées par l'étiquette ; le chef au centre préside l'assemblée ; les distinctions entre aînés et cadets sont aussi marquées.

Aux Marquises, les cérémonies du kava, étaient pratiquées par les guerriers et les chefs à l'occasion de fêtes solennelles où les racines étaient broyées par des jeune filles aux dents parfaites, elles recrachaient les fibres écrasées dans un plat, une bouchée correspondant à une portion de boisson. Aux Samoa et Tonga, ce sont des jeunes filles vierges de haute noblesse qui le préparent. Les grands plats à kava sont utilisés dans ces occasions pour la préparation de la boisson. Au Vanuatu, la consommation par les hommes influents, a lieu dans le nakamal, la maison des hommes.

 





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