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Contexte : Société Océanienne

Coutume

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La coutume ou "la façon de faire les choses" en Insulinde et en Océanie, recouvre un ensemble de phénomènes sociaux de même nature, ils participent de ce qu'on appelle l'ordre social - l'adat en Indonésie ou la kastom en Mélanésie. À cette sphère appartient, le droit coutumier, fondée sur la discussion des lois en vigueur dans la communauté, les normes sociales qui régissent la conduite des individus, les règles de politesse et d'étiquette lors des fêtes et les usages. L'inceste, souvent l'adultère est considéré comme tel, les relations sexuelles avant le mariage, la transgressions des interdits rituels ou en rapport à la mort (comme faire rentrer le corps d'une personne décédé à la guerre ou d'un accident dans le village), le vol et d'autres délits font partie de son champ d'application. Les membres influents de la communauté considérant que ces actes contraires à la coutume mettent en danger spirituel non seulement la personne ou le couple responsable, mais aussi l'ensemble des habitants du village, du hameau ou parfois de la région ou de l'île entière, selon la gravité de l'offense.

Un conseil formé des chefs, des spécialistes rituels et des anciens délibère selon le "code" établi d'après la tradition orale avec sa jurisprudence - les dits de justice. Ce conseil plus ou moins formalisé, tel le fono des Samoans, prend aussi les décisions dans le domaine politique et rituel et concernant le cycle des activités de la communauté. Il se réunit dans un bâtiment public, réservé à cet usage, dans la maison du chef local, la galerie de la longue maison ou dans un espace ouvert, une place pavée sur laquelle on dispose des nattes. Les spécialistes de la coutume ou les prêtres jouent un rôle d'assisants du chef qui souvent a la prérogative de juger les coupables.

Les peines sont prononcées, après de longues délibérations, par consensus ; parfois il s'agit de simples recommandations ou de conseils, le plus souvent ce sont des amendes constituées de biens de prestige (perles, armes, jarres, collier de monnaies...), de porcs, de sacrifices à donner aux ancêtres ou aux dieux. Dans les cas les plus graves, meurtre, homicide par accident ou inceste, le coupable devra offrir une cérémonie de purification, un repas, à toute la communauté afin de rétablir l'harmonie sociale. Ou encore il sera éliminé par empoisonnement (Marquises).

Un autre aspect des relations coutumières, se manifeste lors des invitations et des visites cérémonielles de villages à villages, par exemple les "malanga" aux Samoa, accompagnés d'échanges de nattes, de longs discours et de danses. Les aborigènes australiens disent, eux, que la "Loi" a été transmise d'une génération à l'autre depuis le Temps du Rêve, ce qui confère autorité aux aînés qui ont le devoir de faire respecter la coutume. En Nouvelle-Calédonie, "faire la coutume" c'est un échange cérémoniel de biens entre deux groupes en respectant une quantité équivalente (nattes, monnaies de coquillages, ignames...). Ce rituel accompagne l'ensemble des relations sociales entre les groupements territoriaux de la Grande terre ; il est ponctué par les discours des chefs de clans. Les prestations matrimoniales, le nombre et la quantité des éléments qui composent le prix de la fiancée, donne lieu à longues négociations et discussions coutumières menées par les familles et des intermédiaires, des anciens et des spécialistes de ces questions.

Sans doute la dimension la plus importante de la coutume, dans son aspect juridique, concerne le "lien à la terre", fondamental dans toute l'Océanie. Pour les sociétés de cette région, ce sont les relations de parenté et de résidence (dans la communauté) qui établissent les droits au défrichement, à l'usage, au prêt ou à la succession de parcelles, forêts ou jardins et plantations, même si elles sont laissées en jachère plus de trente ans.

La fondation d'un site est marqué par des sépultures où reposent les ancêtres ou encore d'autres marqueurs dans le paysage, arbres fruitiers, travaux d'irrigation, sanctuaires ; ils indiquent l'origine d'un groupe et ses propriétés inaliénables. Les litiges fonciers, liés à la transgression des pratiques d'usage, les droits d'usufruit, occupent une place centrale dans la gestion coutumière des terres.

Enfin, la coutume fait partie de "l'art de vivre en société" des Océaniens, on peut mentionner par exemple les traditions d'hospitalité sous la protection du chef du clan ou du village - les invités sont sacrés. Le respect dû aux aînés, aux personnes âgées, aux responsables du lignage, de la famille étendue, hommes ou femmes, est un trait déterminant du système coutumier ; leur accord est indispensable pour toute entreprise. De même, les rôles respectifs des hommes et des femmes, la sexualité, les comportements rituels, les activités de chasse et de pêche, les danses et les musiques, ainsi que les objets qu'ils fabriquent sont strictement codifiés (tapa, armes, sculpture sur bois, masques, paniers, dessins, tatouage...). En termes de coutume, il n'existe pas d'uniformité ; même entre des peuples d'îles ou de vallées voisines, l'échelle des valeurs sociales montre des divergences, c'est toute sa richesse.

 





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