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Contexte : Rites et croyances d'Océanie

Déités et sanctuaires

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Les formes religieuses relèvent d'un polythéisme distinguant des divinités supérieures et inférieures ; elles coexistent avec des ancêtres, des héros culturels fondateurs et une catégorie d'esprits mineurs, souvent spécialisés, en rapport avec une activité (pêche, horticulture...), une plante, un animal, un élément naturel ou un lieu.

Les pratiques et les croyances des aborigènes australiens se rattachent à la notion du Temps du Rêve et aux actes des esprits totémiques. Ailleurs, se sont des ancêtres divinisés, des chefs morts, des personnages influents qui à leur tour deviennent les divinités tutélaires, protectrices de leur groupe, d'une région ou d'une île entière ; ce système permet de nombreuses variations, la différenciation locale des dieux, à partir de principes communs, surtout en Polynésie (Iles de la Société, Marquises, Pâques).

Les idées religieuses concernent des catégories d'objets investis de pouvoirs particuliers (charmes, images, effigies...) ainsi que les représentations des dieux, des esprits ou des principes naturels, la fertilité, la force, la violence. La vénération des ancêtres est centrée sur les crânes et d'autres objets se rapportant à ces derniers, conservés avec soin dans les maisons cérémonielles de clan, de lignage ou d'autres sanctuaires. Par des invocations, des sacrifices, des offrandes, les océaniens visent à obtenir, la bénédiction et la protection des morts importants, des esprits des chefs et des êtres surnaturels ayant trait aux différents domaines de la vie quotidienne, à la guerre, aux migrations ou aux forces naturelles.

Les sanctuaires comportent des bâtiments en bois et en pierre, des mausolées offerts aux chefs et aux nobles, des monuments mégalithiques, des "bosquets sacrés" abritant un lieu d'offrande ou de sacrifice, un autel. Ces lieux comportent des représentations anthropomorphes, des sculptures ou, plus abstraits, des symboles d'un dieu ou d'un principe naturel associés aux divinités honorés dans le sanctuaire, à côté de plantes rituelles (cordyline, hibiscus, croton, bambous, banyans...), de pierres souvent choisies en fonction de leur forme ou de leur couleur. En Mélanésie, des places de danse où se trouvent les grands tambours à fente, des allées plantées d'arbres, des tertres coiffés d'une maison cérémonielle, des sites rituels en forêt sont des lieux sacrés associés aux ancêtres fondateurs et à des divinités.

Dans les îles de la Société, l'unité territoriale est formé par une vallée ou un district (fenua) dont l'organisation est structurée autour de la famille d'un chef héréditaire (ari'i) et de son sanctuaire, le marae "national". Des effigies en pierre ou en bois sculptées, les ti'i (tiki aux Marquises), représentent des esprits secondaires ou des ancêtres de renom. Elles étaient gardées soit dans les maisons, soit dans l'enceinte du marae ou encore aux limites du district. Le marae est un sanctuaire, un lieu de sacrifice et d'offrande à la divinité, mais aussi un marqueur généalogique des lignées nobles. Il se compose d'une enceinte en pierre rectangulaire, d'une place (tahua) pour les assemblées, d'une plate-forme en terrasse, de forme pyramidale, l'ahu, lui faisant face, à l'autre extrémité se trouve un autel en bois où les offrandes sont déposées. Sur l'ahu on remarque des planches de bois sculptées de motifs géométriques ou stylisés (unu). La terrasse forme le domaine des dieux, la cour pavée est réservée aux hommes. Une maison devant le marae abrite les objets rituels, les vêtements et ustensiles des prêtres. Seules les personnes de haut statut peuvent y accéder. Les effigies des dieux supérieurs (to'o) - une âme en bois recouverte de cordelettes de bourre de coco et de plumes rouges et jaunes - y sont conservés dans des coffres. Chaque chef possédait un marae qui est aussi un indicateur de sa position généalogique - par le biais des sièges de pierre - validée par la mémoire orale.

À côté de ce sanctuaire, il existait aussi des marae réservés à certaines catégories sociales (artisans, pêcheurs...), des marae familiaux dans lesquels les femmes pouvaient aller et des marae "internationaux", communs à plusieurs archipels comme celui de Taputapuatea à Raiatea ; dédié d'abord à Ta'aroa, il fut ensuite le lieu de culte de 'Oro, dieu de la guerre. Ce dernier, comme aussi à Tahiti, demandait des sacrifices humains, les "hommes-bananes longues" ; ces victimes, des membres de la classe inférieure des teuteu, étaient désignés par le chef et les prêtres pour être tués avant d'être emmenés au marae sur enroulés dans une natte.

À l'île de Pâques, la structure appelée ahu correspond à peu près au marae (les places tohua et les me'ae des Marquises, les heiau des îles Sandwich (Hawai'i), littéralement "demeure" font partie de la même catégorie. Ils consistent en une vaste esplanade, utilisée pour les cérémonies, et d'une pyramide à degrés au sommet aplati. Certains ahu recevaient les grandes statues moai, au corps massif tronqué, - sans doute des effigies monumentales de chefs déifiés comme ancêtres. Les ahu formaient des chambres funéraires, où les ossements des familles nobles étaient placés. Chaque ahu appartenait soit à un lignage, soit à une famille étendue. Face à l'ahu, se trouvait une maison pour les chefs et les prêtres qui officiaient lors des rites. Il existe des centaines d'ahu sur l'île. Le dieu supérieur Make Make, associé au culte de l'homme-oiseau (tangata manu), à Orongo et Mataveri, recevait lui aussi des sacrifices humains.

 


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