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Contexte : Société Océanienne

Fêtes

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Une dimension festive pénètre de nombreux aspects de la vie quotidienne des peuples de l'Océanie, soit en rapport avec les cérémonies religieuses collectives, soit en relation avec les activités sociales et de subsistance (initiations, mariages, funérailles, récoltes...). Souvent l'accumulation des produits des jardins, des essarts et de biens de prestige ou d'échange a lieu dans le but de donner des fêtes réservées à un groupe territorial ou de parenté, mais impliquant souvent les communautés ou les clans répartis sur des hameaux ou villages voisins. À cette occasion, les liens d'alliance politiques ou matrimoniales sont renouvelés.

En Mélanésie, les fêtes s'inscrivent dans des cycles plus longs où les contributions des groupes invités sont mémorisées ; elles mettent ainsi en jeu la générosité et le renom des donneurs de fête que leurs voisins souhaitent éclipser par une ostentation supérieure.

En période de conflits, les visites cérémonielles d'un groupe, dirigé par un big men, un chef coutumier ou un aîné permettent l'établissement de relations pacifiques, ou un échange de femmes. Une fête donne le moyen de sceller ces alliances et de rétablir les rapports normaux à l'échelle régionale ou encore de constituer des fédérations regroupant plusieurs communautés.

Ailleurs, en Indonésie, les événements marquant la fin d'un cycle agraire, des semis à la récolte du riz ou des tubercules donnent une occasion de réjouissances, de jeux et de danses pendant la période de transition avant le début d'une nouvelle année agricole. Il s'agit d'un moment de repos où la population est rassemblée au village principal et où sont célébrés des banquets, des activités artistiques ou des fêtes de mariage.

En Polynésie, aux îles de la Société, à l'annonce des récoltes, toute la population s'assemblait pour une offrande publique des prémices aux dieux et à leurs représentants sur terre, les chefs et les prêtres. Les habitants entassaient les victuailles dans l'enceinte du marae, un espace sacré. Les produits des jardins (fruits d'arbres à pain, taros, bananes plantains, noix de coco...), après avoir été consacrés comme offrande sur un autel par les prêtres, sont donnés à la population par le chef du district. Ensuite, des festins avaient lieu pendant plusieurs jours, accompagnés d'autres réjouissances, jeux, compétitions sportives, lancer du javelot, lutte, courses de pirogues, chants et danses, jusqu'à épuisement.

D'autres festivités étaient réservées aux invités de marque, aux chefs d'autres districts, des danses aristocratiques plus raffinées les accompagnaient. En Kanaky, ce sont les clans apparentés qui se réunissent à l'occasion de grandes rassemblements festifs. Lors de tous les événements importants des rites de passage - naissances, mariages et deuils - les parentèles des individus concernés, côté paternel comme maternel, sont engagés dans des dons réciproques. Ces fêtes - appelées en parler véhiculaire pilu-pilu - regroupent toujours les invités d'un côté et les donneurs de la fête de l'autre. Ces derniers sont les "Maîtres de la cérémonie" et dirigent les échanges de biens équivalents ainsi que les différentes phases de la fête ponctuée de discours coutumiers ou poèmes lyriques où les orateurs rivalisent. Le statut des invités, les titres et les noms des anciens et des clans, notamment la position des clans maternels prévue par l'étiquette doivent être respectées dans toutes ces occasions. Enfin, des danses nocturnes en cercle, accompagnées de percussions de bambous frappés et de battoirs d'écorce, font tourner les invités - portant leurs armes, | casse-têtes, massues et sagaies - jusqu'à l'aube. Pendant ces fêtes, les traditions orales, les contes, les récits mythiques kanak sont transmis par les anciens.

Dans les sociétés de l'Indonésie et de la Micronésie occidentale, les mariages entre familles nobles, les rites agraires, les prises de têtes coupées à l'ennemi, les funérailles des personnes influentes, la fondation d'une maison des hommes culminent en de "grandes fêtes" se poursuivant plusieurs jours et nuits. Elles associent des communautés voisines et des alliés à l'échelle d'une petite région, d'un domaine ou d'une chefferie.

Parfois, en Indonésie orientale, des monuments mégalithiques commémoratifs pour les défunts - dix ou vingt ans après le décès - sont élevées pendant ces rassemblements qui concentrent pendant une dizaine de jours ou plus tous les aspects de la vie sociale.

En Mélanésie et en Polynésie, les repas de fêtes sont au centre des célébrations ; la nourriture est cuite dans des grands fours en terre, creusés dans un vaste espace où des centaines, voire des milliers d'invités se rassemblent. Les danses collectives sont aussi un moment fort des réjouissances ; les parures les plus recherchées, les peintures corporelles, les ornements, les tatouages apparaissent dans toute leur splendeur. Dans les fêtes koro de l'île de Pâques - fondées sur une distribution ostentatoire de viande de poulet en l'absence d'autres nourritures carnées - un fils offrait, en l'honneur de son père ou de sa mère, un banquet de patates douces et de viande de ces volatiles à deux ou trois cents invités.

 





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