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Contexte : Société Océanienne

Hiérarchie sociale

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Les catégories sociales se définissent à partir des trois critères suivants : la naissance (ou "le statut hérité"), les qualités personnelles et l'ambition (ou "le statut acquis") et les degrés de la hiérarchie admis au sein de la société.

En Océanie, le statut héréditaire comportant un certain nombre de niveaux ou de "rangs", est très répandu en Indonésie, Micronésie et Polynésie. Ces sociétés, correspondant à l'aire linguistique malayo-polynésienne, ont développé des institutions de même nature, notamment la chefferie. Celle-ci est fondée sur une idéologie où se mêlent les notions de pouvoir politique et rituel et d'autorité judiciaire ; elle définit une position justifiée par des ancêtres divins et de longues généalogies mémorisées. En Polynésie, la chefferie reposait sur la notion du mana permettant aux chefs de contrôler les ressources, - surtout sur les îles hautes -, la distribution des terres et de lever un tribut sur les différents districts gouvernés par un chef local de statut moindre. Le chef est conçu comme le "poteau" de la maison, le mât du navire, le "soleil", en bref la garantie de l'ordre social.

A l'opposé, les sociétés de chasseurs collecteurs nomades ou semi-nomades, tels que les aborigènes australiens, les Tasmaniens, les Punan de Bornéo, les Togutil des Moluques et d'autres peuples, étaient organisés en bandes selon un modèle égalitaire ne reconnaissant que les qualités personnelles des chasseurs et des spécialistes rituels pendant leur vie.
Entre ces deux pôles extrêmes, les Mélanésiens et les ethnies papoues (Nouvelle-Guinée, Vanuatu, Salomon) montrent des systèmes sociaux intermédiaires fondés sur la notion "d'homme influent". Ces "grands hommes" dont les qualités d'orateur, de spécialiste du droit coutumier, de guerrier ou de chaman étaient reconnus par la société, accédaient souvent à un rôle politique de premier plan. Une catégorie de "big men", fondée sur l'accumulation et la redistribution de biens de prestige, de porcs ou de produits des jardins, apparaît dans de nombreuses sociétés de cette région. Ces derniers, en compétition entre eux pour le pouvoir politique et rituel, se manifestent par la célébration de cérémonies coûteuses et de dépenses somptuaires.

En Mélanésie et en Micronésie, la chefferie montre aussi un caractère électif et temporaire ; elle est partagée entre les clans et les lignages à l'échelle locale. Dans les Carolines, à partir de chefferies héréditaires, des mini états centrés sur une île haute, Yap, Pohnpei et Kosrae sont apparus ; ils ont construits des structures mégalithiques massives, symbole de leur pouvoir, avant de se désintégrer lentement.

Un modèle de hiérarchie sociale selon une structure pyramidale existait chez les Maori de Nouvelle-Zélande. Un chef suprême (ariki), noble de haute lignée, contrôlait les terres d'une tribu (iwi) ; cette dernière était divisée en un certains nombre de hapu, des groupes de descendance et de résidence, sous l'autorité d'un chef secondaire (rangatira) ; les gens ordinaires de chaque hapu étaient à leur tour sous l'autorité du rangatira qui attribuait les terres cultivées. Ailleurs, le système est encore plus rigide. À Tahiti, les chefs supérieurs ari'i nui ou ari'i rahi, commandent aux chefs de districts (ari'i) ; au-dessous se trouvait une classe de guerriers ou de prêtres, des artisans qui les assistaient dans leurs activités, enfin les serviteurs ou dépendants (teuteu) travaillaient la terre.

Des situations intermédiaires étaient aussi connues. Aux Iles de la Société, les ari'i nui ont fondé de véritables dynasties selon la filiation ambilinéaire ; la succession royale pouvait être transmise à la fille première née suivant la règle de primogéniture. Leurs personnes étaient entourées de tapu ; ils avaient un droit de vie et de mort sur leur sujets ; employer légèrement leur nom était puni par la peine capitale. Ces chefs puissants présidaient aux sacrifices humains et aux autres cérémonies dans le marae. Ils avaient avec les autres nobles, la prérogative d'utiliser des biens de prestige, costumes composées de milliers de plumes rouges et jaunes, casques à crête (à Hawai'i), parures et bâtons de commandement, insignes.

Plus la hiérarchie sociale se développe, plus les liens de parenté entre les individus sont obscurcis par l'appartenance à un rang ou par la différence de statut, soit entre riches et pauvres, soit entre spécialistes rituels et gens ordinaires, comme c'était le cas dans les systèmes de stratification sociale les plus développés (Tahiti, Hawai'i et Tonga).

Hawai'i est le seul cas, en Océanie, où le mariage incestueux frère-soeur, interdit ailleurs, était pratiqué au sommet de la hiérarchie, par les membres de la dynastie royale.

Aux Marquises, les chefs issus de familles influentes pouvaient être déposés s'ils n'étaient pas compétents ; la sélection reposait sur la notion de primus inter pares, les alliances et les adoptions jouant un grand rôle dans l'établissement de leur position. Les chefs manaia de Samoa étaient d'abord les leaders des jeunes gens de leur communauté.

En Indonésie, Micronésie et Polynésie se marier dans son rang ou son village - l'endogamie - constituait une règle sociale généralement respectée.

 





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