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Contexte : Société Océanienne

Parenté et maison

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On désigne par "parenté" l'ensemble des liens réels et symboliques existant entre les individus reliés par le sang, les consanguins, par alliance, les affins, ou par l'adoption. La parenté englobe les modes de résidence des conjoints après le mariage et les règles de filiation en usage. En outre, les liens du sang définissent la constitution d'un certain nombre de groupements (clan, lignage, lignée, maison et famille) fondés sur les relations entre leurs membres ou par rapport à un ancêtre commun. Différente, la parentèle fait référence à un groupement limité de parents par le sang d'un individu - qu'on appelle "Ego" par commodité - en lignes directes et collatérales, à la fois du côté paternel et du côté maternel ; ils se mobilisent par rapport à Ego lors des rites de passage.

Chez les peuples de la famille linguistique austronésienne comme chez ceux de langue "papoues" ou australiennes, on relève une gamme très variée de systèmes de parenté parmi les sociétés de chasseurs collecteurs jusqu'à celles des agriculteurs. La notion d'inceste est un dénominateur commun indiquant les parents avec lesquels le mariage est permis. Quant à la terminologie, les langues malayo-polynésiennes montrent plus d'homogénéité dans le vocabulaire utilisés pour nommer les parents consanguins (grand-père, grand-mère, père, mère, enfant, germains...) ou les alliés (conjoints, beaux-parents...). Un des système de parenté les plus communs, dit Hawaien, est caractérisé par une filiation de type indifférenciée - ne distinguant pas entre les côtés paternel et maternel - employant les mêmes termes générationnels pour les nièces et les tantes ; les cousines, croisées ou parallèles sont désignées par le même terme que les soeurs.

En général, ces systèmes reconnaissent des critères d'âge et de sexe ; on s'adresse à toutes les personnes de même âge par des termes de même catégorie, marquant la différence de genre. Dans cette région, les liens de parenté déterminent des attitudes normalisées entre les parents et les "non-parents" (par exemple, les cousins au-delà du 4e ou du 7e degré selon les systèmes). La participation aux activités rituelles et économiques, la solidarité et les obligations des membres d'une unité sociale (hameau, village, bassin de rivière, île...) en dépendent. Les groupements fondés sur la filiation ou la descendance commune - matrilinéaires, patrilinéaires - forment d'abord des clans puis, par segmentation, des "branches" appelées lignages. La structure d'un clan postule un fondateur, un ancêtre mythique (ou une divinité) auxquels des ancêtres réels (décédés) se rattachent par filiation ainsi que leurs descendants en ligne directe ou collatérale et les différents individus issus de ces ancêtres. Les clans se subdivisent souvent en lignages et lignées, mais les lignages peuvent aussi exister indépendamment des clans. Le lignage reconnaît un ancêtre fondateur réel (parfois un couple) en ligne patrilinéaire ou matrilinéaire ou bien les deux (ambilinéaire) ; par contre, les "lignées" connaissent des fondateurs encore vivants.

Souvent en Mélanésie, en Australie, les clans sont groupées en deux "moitiés" totémiques ou rituelles qui admettent encore des subdivisions en sections (2,4,8). Ces sections sont exogames par définition, l'individu homme ou femme selon les cas, devant se marier à l'extérieur de son clan de naissance ; elles se trouvent en position d'échange matrimonial.

En Indonésie, des sociétés pratiquent des échanges en boucle ou "généralisés" ; on y distingue les "prenneurs"et les "donneurs de femmes", ces derniers jouissant d'un statut plus élevé ; ces échanges impliquent plusieurs villages (Timor, Moluques). La notion d'ancêtre totémique - animal, oiseau, plante, objet ou élément naturel - établit un rapport étroit entre l'ancêtre choisi et le clan éponyme. Le totem est alors considéré comme le fondateur mythique du clan ; des interdits alimentaires ou d'autres tabous s'y rapportent, soulignant la relation d'identité existant entre les deux. Des maisons cérémonielles conservent les objets, les charmes ou sacra du clan en rapport avec les ancêtres fondateurs ; ils sont célébrés à l'occasion de rites périodiques (initiation...) ; des sacrifices, des offrandes leur sont offerts.

Le rôle primordial des ancêtres quel que soit le système de parenté - unilinéaire ou indifférencié - s'explique par la rôle fondateur qu'ils jouent souvent assimilé à la croissance d'une plante (source, base, tronc, origine), les alliances constituant alors les "chemins" entre les différents lignages ou les "maisons". Ces dernières forment des groupements fondés sur la descendance et se perpétuent par l'alliance ou l'adoption ; elles existent surtout en milieu noble. Les unités sociales minimales, au dessous des clans, lignages ou maisons, sont formées par les maisonnées et les familles. On distingue les familles étendues, formées de plus de trois générations, et celles dites nucléaires, un couple et ses enfants. Enfin, la parenté par le sang définit aussi l'accès aux terres cultivées considérées comme la propriété d'un groupe de descendance, qui en règle l'usage exclusif parmi ses membres.

 





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