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Contexte : Objets et techniques d'Océanie

Pirogues et pêche

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La pirogue joue un rôle central dans la vie des peuples du Pacifique. Moyen de transport privilégié, véhicule d'expéditions guerrières, vecteur d'échanges de biens, outil de pêche, elle touche d tous les aspects de la vie sociale et économique. Les populations de l'intérieur des grandes îles qui vivent en bord de rivière ou de fleuve (Bornéo, Nouvelle-Guinée, Nouvelle-Zélande... (y ont aussi recours pour les déplacements plutôt qu'à la marche à pied. De l'Insuline à la Polynésie, par commodité on distingue quatre grands types de pirogues sur des critères de construction :

- les canots monoxyles creusés dans un tronc sans bordées ni balancier, de petite taille (Australie, Tasmanie, Nouvelle-Guinée, Bornéo) ;

- les longues pirogues à planches assemblées (plank-built boat) de Bornéo, Sulawesi, Salomon, Nouvelle-Zélande, sans balancier - les embarcations à une coque et balancier simple, avec ou sans voile, répandues dans toute l'aire océanienne ;

- enfin, les grandes pirogues doubles pontées, utilisant deux coques en V, avec un gréement d'un ou deux mats, dotés d'un abri sur le pont. Souvent la voile et les rames sont utilisées conjointement Pour la navigation. Ces embarcations massives, gardées à terre dans des hangars, étaient équipées d'un four en terre pour cuire les ignames et le poisson pendant les traversées. On peut estimer leur capacité à environ 40 à 80 personnes, auxquels s'ajoutent les animaux domestiques (chiens, porcs, (poulets), les provisions, l'eau douce, les outils et fous les objets nécessaires à la colonisation d'un territoire.

Ces pirogues étaient construites en utilisant des techniques de charpente (tenon et mortaise), avec des bordées calfatées avec de la poix et des planches cousues ; les ligatures, les cordages étaient en bourre de coco tressé.

Les voiles, confectionnées en nattes de pandanus tressées, montrent des formes variées : carré (plus ancienne), en pinces de crabes (Santa-Cruz), rectangulaire, et triangulaire; la voile "latine" des Polynésiens est sans doute d'invention récente. En Micronésie, les pirogues "volantes" construites par les habitants des Mariannes sont célébres, elles pouvaient filer prés de 20 noeuds. Les habitants des Îles Marshall, assez rapprochées, sont les seuls en Océanie à avoir développé des cartes marines portables en matériaux légers, les mattang (un terme générique). Souvent, les embarcations présentent un décor élaboré, des mats et des proues sculptés, des peintures et des incrustations de coquillages. Ces éléments constituent une protection symbolique, ils renvoient soit aux ancêtres totémiques ou claniques, soit à des divinités particulières, favorisant les voyages, la pêche. Les ustensiles comprennent des pagaies fonctionnelles, aussi décorées de motifs spécifiques, des écopes à Poignée, parfois de grande taille (Mélanésie, Micronésie). La pêche, pratiquée surtout par les populations côtières, mais aussi dans l'intérieur des terres dans les rivière et marais, montre un ensemble de techniques adaptées aux différents milieux insulaires (plage, lagon, récifs, Îlots, haute mer). Les plus connues sont la pêche au filet - ils sont confectionnés en fibres végétales., la pêche avec des nasses en rotin ou bambou, des épuisettes, des hameçons parfois composites (bois, nacre ou os, fibres). Une technique particulière, la pêche à la nivrée, pratiquée à l'aide d'un poison végétal dans une retenue d'eau, s'observe dans l'ensemble de l'aire. Des armes sont aussi utilisées par les Océaniens, arc et lèches, sagaies, harpons, se terminant en foëne. La pêche à la main, plus difficile, est aussi pratiquée. Une technique très particulière existe aux Moluques et à Santa-Cruz, la pêche au cerf volant à partir d'une pirogue, une toile d'araignée servant d'appât à la surface. Les Océaniens ont développé aussi des pêches collectives, en Micronésie, Polynésie et Mélanésie, pratiquée à l'Occasion des fêtes Pour fournir une grande quantité de Poissons. A Bora-Bora, les Polynésiens utilisaient la "pêche au caillou" à partir de pirogues, pour rabattre le poisson vers les flets. La pêche est associée à certaines pratiques rituelles ; ainsi, avant de partir en expédition, les pécheurs en haute mer accomplissent des rites de magie ou subissent des tabous particuliers (abstinence sexuelle). D'autre part, la consommation de certaines espaces de Poissons ou d'animaux marins (les grosses tortues vertes, le requin...), est interdite aux femmes et aux enfants ou encore réservée aux chefs.

Les poissons, les coquillages péchés par les Populations côtières sont souvent une monnaie d'échanges avec les habitants de l'intérieur ou des montagnes.

 


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