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Contexte : Objets et techniques d'Océanie

Ressources naturelles

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Les riches ressources alimentaires et matérielles des archipels et des îles ont joué un rôle déterminant dans l'économie des peuples océaniens, y compris en Australie (côte nord et côte sud-est). Des sociétés de chasseurs cueilleurs nomades aux horticulteurs et agriculteurs, les pratiques d'exploitation du milieu se sont développées parallèlement à la connaissance des plantes et des animaux. Avant la remontée finale du niveau des mers, il y a environ 8 000 ans, les ancêtres des ethnies papoues et mélanésiennes chassaient les marsupiaux, les rats, les chauves-souris et les reptiles, outre les animaux de mer (tortues, dugongs, baleineaux...). Ces nourritures fournissaient une source de protéines suffisante, complétant l'apport nutritif des tubercules, des racines, des fruits et du sagou.

En Océanie, le nombre des espèces animales et végétales décroît, au fur et à mesure, de l'ouest vers l'est. De même, les écosystèmes des îles volcaniques, hautes et boisées, et des atolls coralliens présentent des différences notables en ressources naturelles. Il y a environ 4 000 ans, au néolithique, à la suite de la dispersion du "complexe culturel lapita" des austronésiens - terme qui définit un type de poterie - depuis l'archipel Bismarck et les Salomon vers l'est, l'exploitation des milieux naturels s'est accentuée. Le système de production agraire était fondé sur l'horticulture par essartage et sur l'exploitation des milieux insulaires (pêche, chasse, collecte des coquillages, des plantes...).

En outre, ils dépendaient des ressources sylvicoles des îles hautes pour construire les grandes pirogues doubles nécessaires à l'exploration et à la colonisation de nouvelles terres, des îles Fiji vers la Polynésie. Sur les atolls et les îles hautes entourés de récifs coralliens, le lagon ainsi que certaines parties du récif exposées à marée basse fournissent un grand nombre d'espèces comestibles (coquillages, concombres de mer, crustacés, poulpes, poissons). Les "gens du lapita", orientés vers la mer, ont colonisés des petites îles au large des grandes (sans doute déjà occupées par d'autres peuples) et des régions côtières ; ces habitants des plages ont reproduit ce système en Micronésie et en Polynésie lors de leur expansion, exploitant aussi les mangroves (mollusques, crabes, etc.) et les algues des récifs. La pêche des gros animaux marins (dauphins, tortues vertes, dugongs) fournissait un apport supplémentaire ; chez les anciens polynésiens, la préséance voulaient que les premières tortues prises soient réservés aux chefs.

La forêt tropicale humide des îles hautes (Indonésie, Mélanésie, Micronésie et Polynésie), en plus du bois, fournit les éléments indispensables à la vie quotidienne des habitants. Les bambous, le rotin, les lianes, les écorces entrant dans la fabrication de nombreux ustensiles de la chasse et de la pêche, de l'habillement (nasses à poisson, vanneries, parures, tapa...). Les techniques de charpente par tenon et mortaise, la construction de grande habitations collectives, de maisons cérémonielles, de grandes pirogues, des tambours à fente, la sculpture, supposent l'utilisation de bois durs et denses, au grain serré, en sus d'autres espèces plus légères. Des plantes médicinales non cultivées sont collectées à la limite des jardins, dans les clairières, dans les forêts secondaires ; il s'y ajoute les résines et les sèves obtenues à partir de plantes et de fruits qui servent à différents usages. Les minéraux (obsidienne, néphrite ou jade, basalte) ont joué un rôle important dans la création de réseaux d'échanges, à côté des monnaies de coquillages. Enfin, des plantes sauvages ont été ensuite semi-domestiquées par les peuples polynésiens, comme les fougères au rhizome comestible (Pteridium aquilinum v. esculenta), ou le choux obtenu à partir de la Cordyline australis qui fournissent une nourriture essentielle aux Maori. Ces derniers ont aussi chassé jusqu'à extinction, le grand oiseau moa (non-volant) dont il existait plus de 30 espèces.

Partout en Insulinde et en Mélanésie, plus rarement en Polynésie, les palmiers sagoutiers poussant à l'état sauvage dans les zones très humides et les marais sont adaptés à l'horticulture (Metroxylon spp ; Arenga spp ; Caryota spp...). Le sagou constitue une nourriture qui remplace les céréales, complémentaire des tubercules ; le tronc des palmiers contient des réserves sous forme d'amidon. Après l'extraction du tronc, on en fait une farine, elle est purifiée d'abord dans l'eau par décantation et séparée des fibres ; chauffée, elle se coagule en granulés, elle se consomme grillée ou frite en galettes. Le tronc des sagoutiers contient aussi de gros vers blancs qui sont aussi consommés.

 


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