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Contexte : Société Océanienne

Rites sociaux

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Font partie de l'initiation, les rites particuliers qui visent à intégrer les jeunes garçons et les jeunes filles dans un groupe social ou cérémoniel, ou dans une classe d'âge. Ils comprennent des épreuves physiques ou morales destinées à tester le courage ou les qualités des novices. Le statut atteint par l'initiation correspond alors à celui d'un individu adulte qui est prêt à participer à l'ensemble des activités sociales de son groupe. Quant on parle de rites de passage, il s'agit de rites qui accompagnent ou préparent le passage d'un individu d'un état à un autre ; l'idée qui sous-tend ces rites est d'abord d'écarter les dangers spirituels invisibles auxquels l'intéressé(e) est confronté dans les moment de suspens entre l'état passé et celui, nouveau, dans lequel il ou elle va entrer.

Les rites de passage se décomposent en trois phases marquant respectivement la séparation avec la situation ou la vie antérieure, le moment "sensible" de marge entre les deux et, enfin, la phase dite "d'agrégation", par laquelle l'individu se réinsère dans la communauté (le groupe local, la classe d'âge). En Insulinde et en Océanie, la catégorie des rites de passage, suit les différentes étapes de la vie d'un individu (naissance, adolescence, premières règles pour les filles, mariage, ménopause, funérailles), constituant une trame socio-temporelle commune aux membres de même genre du groupe (les classes d'âge). Ce processus de socialisation, préparant aux rôles sociaux, donne lieu à l'élaboration d'objets particuliers pour les rites (tapa et tissus, parures), à l'apprentissage des danses et des chants collectifs, à des pratiques corporelles (tatouage, scarification, circoncisions, percement des oreilles...).

L'initiation des garçons se fait au moment de la puberté,  soit sous forme d'entraînement militaire dans la maison des hommes, dans des camps ou dortoirs particuliers, des expéditions en forêt, en montagne, soit comme une séparation du monde de l'enfance en général et, plus précisément, de l'univers féminin.

Pour les jeunes filles et les jeunes femmes après la naissance d'un enfant, l'initiation se traduit par l'acquisition de connaissances, de savoir-faire (le tissage, la vannerie, l'horticulture...) ou par une initiation aux rites de possession, au chamanisme, à des pratiques rituelles spécifiques et interdites aux non-initiés.

Les sociétés secrètes masculines, telles le dukduk des Gunantuna en Nouvelle-Bretagne, la société kakean de Seram (Moluques), sont réservés à des hommes qui peuvent disposer de quantité de biens de prestige pour franchir les différentes phases des initiations. Ils possèdent leurs masques, costumes et danses propres. Ces initiés forment une véritable "élite" dans la société, ils ont accès au savoir ésotérique des mythes et des rites magiques, et souvent à la connaissance des pratiques de sorcellerie, des charmes guerriers ou en rapport avec l'horticulture des jardins. Le statut d'initié est supérieur à celui de non-initié ; être initié est nécessaire pour accéder aux fonctions rituelles des "grands hommes", (chaman, médium, guérisseur, chasseur de têtes victorieux...).

Les petites sociétés qui pratiquent l'horticulture de subsistance, la chasse et la pêche, mobilisent leurs ressources à ces occasions. Il s'agit de marquer soit une phase importante, soit la fin d'un cycle cérémoniel d'initiations qui peut se dérouler sur plus d'une vingtaine d'années ; des grandes fêtes sont alors données par un village, un hameau, une grande maison cérémonielle, un clan ou un lignage, impliquant aussi les communautés voisines qui sont invitées aux célébrations.

Dans certains de ces systèmes, à Bornéo, au Vanuatu, des prises de grades, chacun de ces grades étant symbolisé par un attribut ou un insigne, forment une hiérarchie "ouverte" où les hommes rivalisent par des dépenses somptuaires, des parures, des sacrifices de porcs ou encore l'élaboration de sculptures particulières (souvent en rapport avec le culte funéraire ou la chasse aux têtes). En Polynésie, ces institutions sont absentes. Cependant dans les îles de la Société, des sociétés électives rassemblent de jeunes gens et des adultes comme les Areioi, à la fois bouffons, conteurs et musiciens. Ils reconnaissaient huit grades, chacun identifié par un costume et un tatouage particulier. Ce groupe rituel, tel une secte, pratiquait des rites qu'on peut comparer à ceux des sociétés secrètes mélanésiennes centrées sur le culte de certains esprits. Les Kaioi, une société de jeunes garçons aux Marquises, formaient une institution parallèle à une classe d'âge (des adolescents entre 15 et 20 ans). A côté de leur apprentissage des armes, ils soignaient leurs parures, vagabondaient et participaient aux fêtes et aux réjouissances de toutes sortes. En outre, ils assistaient  les tatoueurs en échange d'un tatouage gratuit. Ces sociétés occupaient une position marginale dans le système social, aux mains des chefs, des prêtres et des guerriers.

 





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