Je veux changer mon accessibilité

Contexte : Rites et croyances d'Océanie

Tabou

Accès aux autres principaux thèmes de la documentation passer ce menu

Hommes | Cartes et sites | Expéditions | Base de données


Notion centrale commune aux sociétés polynésiennes et mélanésiennes de parler austronésien, le tapu ou tabou connote l'interdit socio-rituel et le "sacré". En Indonésie, les termes pali, pemali ou lali renvoient à un concept proche. Le tapu intervient aussi bien dans des situations de la vie quotidienne qu'en rapport avec des actes rituels ou des lieux et objets investis d'une valeur religieuse, statues d'ancêtres, masques, effigies des dieux, tombeaux...

Les lieux dits tapu sont soumis à un interdit imposé par des personnes fortes en mana, par des moyens physiques, le "signe tapu", ou oraux, la récitation d'une invocation. Selon les cas, il peut s'agir de sépultures des personnes de haut rang, chefs ou prêtres, ou de sanctuaires. Le "signe tapu" peut assumer aussi la fonction d'une marque de propriété : une branche, un poteau, une fougère ou une pierre placés par une personne d'autorité, chef ou spécialiste rituel.

Par ailleurs, il existe une catégorie d'interdits alimentaires, personnels ou collectifs, qui relèvent du tapu. La violation de l'interdit entraîne la vulnérabilité, d'où maladie de consomption ou fin rapide due à la colère des dieux ou des ancêtres. À l'île de Pâques, la consommation du poisson était tapu pendant les mois d'hiver, particulièrement celle du thon, le fait d'en manger devait provoquer des douleurs atroces. Le trouble émotionnel et psychologique était renforcé par les injonctions des prêtres, si bien que le transgresseur mourrait persuadé de la force du tapu. Des actes contraires à l'ordre social, comme marcher sur des lieux tapu, passer dans l'ombre d'un chef, manipuler des objets sacrés sans autorisation, entraînaient des ulcères ou d'autres maladies, parfois la mise à mort pour les offenses les plus graves. Sortir de l'état de tapu se traduit par des rites de purification (pure, pule) afin de revenir à un état "profane" (noa). Ainsi les prémices de la récolte sont offerts aux dieux, puis le tapu est levé par le chef-prêtre, en permettant la consommation.

Les violations des tapu accomplies par les navigateurs européens, par exemple s'approcher d'un sanctuaire ou d'un ahu ou toucher des offrandes, ne produisant pas d'effets néfastes sur ces derniers, les Polynésiens ont interprété cette situation comme un signe de la puissance du mana de ces étrangers. Pourtant, il suffit de rappeler la fin tragique du Capitaine Cook, lui-même divinisé par les Hawaiiens, à la suite de la violation du tapu par son retour sur la plage sacrée, pour mesurer la force de l'idée. C'est, précisément, à Hawai'i que la suppression de la règle rigide du tapu, au cours d'une crise politique locale liée à la dynastie royale, a ouvert la voie à la conversion au christianisme.

 


Les différents chapitres du contexte "Rites et croyances d'Océanie", passer ce menu

Cannibalisme | Chasse aux têtes | Culte des ancêtres | Déités et sanctuaires | Mana | Mythes d'origine | Parole et écriture | Tabou



Vérifié par A-Prompt Version 1.0.6.0. Niveau WAI 'triple A'