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Contexte : Société Océanienne

Violence et combats

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Pour régler les conflits internes ou externes, les sociétés de cette région ont recours à différents mécanismes : le droit coutumier avec l'ordalie ou le duel entre les deux parties, le bannissent, la mise à mort pour les transgressions des interdits (tapu), enfin la guerre avec ses rites formalisés. Des supplices et des tortures raffinées sont appliqués aux prisonniers comme aux criminels, ce qui étonna parfois les premiers observateurs européens en Indonésie et en Polynésie.

À de rares exceptions près - certaines îles et atolls de Micronésie centrale - les institutions guerrières et les combats font partie de la vie sociale, ils apparaissent sous de nombreuses formes. On peut parler d'un "ethos violent" latent se manifestant à l'occasion des combats (Samoa, Marquises, Rapanui). Tout est prétexte à déclencher les hostilités, et la position des guerriers est prédominante dans de nombreuses sociétés. Même à Tahiti, Hawai'i et aux îles Tonga, caractérisées par l'émergence d'une stratification sociale et d'un début de pouvoir central, des conflits violents dégénèrant en véritables batailles avaient lieu périodiquement. Des pactes de paix, des alliances de mariage, permettaient de limiter les guerres.

Par contre, les Punan, chasseurs-collecteurs nomades de la forêt tropicale de Bornéo, ne pratiquaient pas la violence entre eux, ils étaient souvent les victimes des peuples agriculteurs, chasseurs de têtes. Les aborigènes australiens, eux, connaissaient des duels et des combats entre bandes, mais la faible démographie et les larges espaces limitaient les conflits. Les situations de violence apparaissent plus clairement dans les petites îles où la croissance de la population posait des problèmes de survie, de compétition pour les ressources, comme à l'île de Pâques.

Les combats avaient lieu selon différentes modalités : les combats défensifs utilisant des fortifications parfois entourées de palissades et équipées de plates-formes de combat d'où on jetaient des pierres sur les assaillants, comme les pa des Maori, d'après les descriptions du 18e siècle ; ces fortifications étaient soit bâties sur des crêtes, soit entourées de fossés. Aux Marquises, des places fortifiées avec des remparts en terre (akaua) étaient utilisées lors de guerres entre vallées, avec des refuges appelés mauia pour les non-combattants. Un système proche semble avoir été utilisé à l'île de Rapa, au sud des îles Australes.

À Tungaru (Kiribati), les combats ritualisés entre les différents clans étaient très élaborés : les combattants étaient disposés sur plusieurs lignes, ceux du premier rang possédaient des armures complètes en bourre de coco et ils s'affrontaient armés de longues piques et de sabres à dents de requins. Les armures et les vêtements défensifs en bourre de coco servaient à éviter les blessures des perches et les piques ; alourdis les guerriers étaient soutenus par un assistant se tenant derrière eux. Les I-Kiribati comme les habitants de Nauru étaient aussi aidés par des femmes et des jeunes gens à l'arrière ; ces derniers jetaient des pierres. Les combats avaient lieu sur un espace choisi à l'avance, dans une clairière, une plage ou encore un terrain situé entre deux villages. A l'opposé, aux Marquises, la seule tactique de combat était la surprise, l'attaque brusque ou l'embuscade selon le terrain de l'engagement avec l'ennemi.

Les insultes proférées envers l'ennemi faisaient partie des hostilités ; la capture d'un ou deux prisonniers - nécessaire à la célébration des sacrifices - et le fait d'infliger quelques blessés ou morts à l'adversaire constituaient déjà une victoire militaire.

Des guerres d'extermination étaient aussi menées ; le massacre de la population s'accompagnait de la destruction des cultures, de pillage et de la prise de captifs destinés à être sacrifiés.

Autre type de combats, les raids maritimes : attaquer les pirogues de l'ennemi pour les détruire produisait une diversion ou permettait de le prendre à revers par la plage. Aux îles de la Société (Tahiti), des flottes de guerre imposantes de pirogues doubles, d'une longueur de 20 m à 30 m de long, ont été engagés dans des véritables batailles navales ; les guerriers sautaient d'une pirogue à l'autre pour combattre sur des plates-formes. Ces pirogues étaient maniées à la rame et utilisaient accessoirement des voiles fixes. Les longues pirogues de guerre des Maori, transportant jusqu'à quarante  guerriers-pagayeurs et les pirogues de guerre mon des Salomon sont aussi célèbres.

À l'époque du contact avec les européens, l'introduction d'armes à feu allait modifier radicalement les techniques traditionnelles de combat. Au milieu du 19e siècle, la résistance des peuples océaniens à la colonisation, les fit considérer comme des "sauvages cannibales" au comportement belliqueux.

 





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